Intégration, intégrateurs et intégrés. (Le drame d’une famille mauritanienne prise en otage par l’Espagne).
Le protestant, le petit-fils d’immigré musulman, est l’aboutissement d’un processus souvent irréversible. Le grand-père, probablement très peu initié à la culture islamique, comme tant d’autres, s’est installé dans l’un de ces pays institutionnellement laïcs et réellement attachés à une forme de religion dont on ne se souvient et manifeste avec une rare violence que quand il s’agit des adeptes de l’Islam. Il a quitté son pays en quête d’emploi ou d’un savoir exotique. Il l’a fait, peut-être, par esprit d’aventure ou enrôlé de gré ou de force comme supplétif dans une armée d’invasion (dite coloniale). Arrivé là, réduit à un statut d’inférieur en raison de l’analphabétisme et de la misère, il a du pratiquer le culte dans les strictes limites imposées par l’état et la société aux « mahométans ». Il n’avait pas ramené de savoir à communiquer à sa progéniture. De la langue des envahisseurs, il ne possède que le forofifon naspa. Les pesanteurs de la vie, les soucis du quotidien lui laissaient peu, un peu insignifiant, pour penser à s’accomplir. Satisfaire, tant bien que mal, les besoins essentiels était l’unique succès qui pût lui être permis. Des enfants naissent dans cet environnement qui n’incite guère à l’épanouissement de la personne. Ils voient le père accomplir des gestes qu’ils ne comprennent pas du tout. A des moments donnés du jour et de la nuit, il étale un petit morceau de tissu - dans la petite pièce qui leur sert de tout : chambre à coucher, salle à manger, magasin - sur lequel il se met debout, se prosterne, fait de la génuflexion, s’assoit et marmonne des phrases incompréhensibles. Il les invite parfois à les exécuter en même temps que lui. Et leur explique, avec le désespoir et l’amertume de celui qui ne peu façonner ses enfants à l’image de son ascendance, que c’est Namaz (la prière, en persan et dans les langues asiatiques dérivées). Ils s’exécutent sans conviction, mais par respect pour le père ; un respect mêlé de compassion et de doute. Ils s’interrogent et décrètent : « Pourquoi Papa fait ça ? C’est insensé ! Personne ne fait la même chose dans l’entourage ?! ». Eux-mêmes ne le feront plus à un certain âge, ayant été « intégrés » à un univers où la logique enseignée et vécue exclut tout lien entre le Ciel et la terre et décide que la parenthèse de l’existence se referme définitivement après la mort. Le Vieux mourut et naquit un petit-fils, le Protestant. Celui-ci, la vie durant, ne connaîtra de l’Islam que ce qu’il en a ramené à la naissance. Il ne connaîtra dans la pratique aucune forme de culte jusqu’à la trentaine. Mais le son de cloche de l’église voisine qui le réveille tous les dimanches, les fréquentes visites de missionnaires à son école, le Nouveau testament, rarement consulté par ses amis chrétiens, qu’il voyait toujours à la même place, dans un rayon de la bibliothèque scolaire, sans éveiller sa curiosité, le préparent à une destinée située aux antipodes de la spiritualité que le vieux (probablement tirailleur) ne lui avait pas léguée. C’est au cours des discussions sur les préliminaires du mariage avec une fille issue d’une famille adepte de Marin Luther, qu’il apprit avec indifférence que l’union souhaitée ne pouvait avoir lieu tant qu’il n’a pas adopté la religion de la bien-aimée, Anne. Aucun antécédent, aucune raison ne s’y opposant, Reeza (appelons-le ainsi, un laps de temps ; c’est la déformation du nom arabe Ridha), n’hésita pas un instant. Il donna son accord pour épouser Anne et sa religion exempte d’obligations et d’interdits, qui promet une agréable vie éternelle après la mort, sans pratiquement rien exiger en contrepartie dans la vie ici-bas. Une religion où des hommes comme vous se chargent d’absoudre tout le mal que vous faites dans cette vie et vous garantissent l’impunité dans l’au-delà. Le futur époux d’Anne n’eut plus, pour sceller les formalités du passage à la doctrine de la trinité (Echhedu ella ilaha illa LLAHOU we enne Mouhammadan rassoulou LLAHI) qu’à troquer son nom insolite contre un autre, témoignant de sa pleine intégration aux beaux parents et à leur pays. « Pourquoi ne pas me défaire de ce nom bizarre de Reeza que je traîne depuis des décennies comme un éléphantiasis et que je n’ai jamais compris ?», se demande Reeza (appelons - le encore ainsi, un laps de temps). Alors, la mère d’Anne suggère, pour désormais désigner son futur beau-fils, le nom de Luther ou de Jackson. Le bientôt - beau - père, « plus instruit » et « à cheval sur les principes », oppose au choix de sa femme – aussi pour faire preuve d’une certaine connaissance de l’histoire – « autre chose, dit-il, que ces noms portés par des noirs, semblables à nos aborigènes ». « Tu sais, chérie, le fondateur de notre protestantisme s’appelait Marin Luther ; mais ce nom fut porté par un pasteur noir américain, assassiné en 1929 ; ça pourrait aussi porter malheur ; Jackson est le nom d’un autre pasteur noir américain, celui-là qui a eu le toupet de vouloir être président des Etats-Unis, est encore en vie, je ne l’aime pas non plus. Horreur et putréfaction! Ces noirs, à peine descendus des cimes des arbres, revendiquent avec nous la paternité de Jésus et veulent même nous commander !» Fier de son exposé magistral, il conclut : « Va pour Calvin, c’est le nom du continuateur de l’œuvre luthérienne. Je ne connais pas de non-blanc qui le porte ».

5 Comments:
Salam Mohemed Cheikh,
Comme je suis content de te lire, tu ne peux pas savoir combien tes interventions m'ont manqué.
J'aimerais rajouter par rapport à la description que tu viens de faire de la prière non compréhensible par ces enfants que ce cas n'existe pas seulement dans ce genre de situation et à l'étranger,
Ces gestes faits par les adultes (musulmans) qui sont la prière en réalité deviennent une habitude pour les enfants et quand ils, seule la "hidaya" les guidera vers cette prière réellement même s'ils vivent en arabie s.
Je veux dire par là, que ce n'est pas seulement l'environnement et le savoir qu'on inculque à nos enfants qui les rendra certainement des croyants.
Ya Sin ... an tundira qawman maa undira aabaa'uhum fahum ghaafiluun...
le phénomène que tu décris est décrit dans la sourate Ya Sin.
porter la bonne parole a des peuples dont les pères n'ont pa été informés; tu es meilleur traducteur que moi de toutes les façons.
la particularité de Ya Sin est le Innaka du début de la sourate: Innaka mina al musaline. Innaka c'est Toi , tout lecteur de la sourate Hic et Nunc.
Le phénomène que tu décris est donc connu c'est la raison pour laquelle toute Qaria/Qawm aura son bachir wa nadir jusqu'à cette fin des temps dont personne n'a vu le commencement et qui pourtant a lieu depuis le premier jour de la création voire de la révélation.
Il est temps d'appeler les musulmans (ceux du moins qui veulent l'être, le rester ou le devenir) à rentrer chez eux. ils n'ont plus rien à faire en Europe. La zaouia d'ouazzane interdit à tous ses membres dorénavant d'émigrer vers les territoires de l'infamie et elle considère que le soutien apportté à un émigré dans le but de l'aider à retrouver une place dans un pays musulman équivaut à un "tahriiru raqabatin".
j'ai déjà aidé à ce titre troi pesonnes à quitter l'europe. le type de réseau mis en place par la zaouia est le même que celui qui fut organisé durant la seconde guerre mondiale pour pemetter aux juifs communistes homosexuels de quitter l'europe nazie. Aujourd'hui le facisme en europe a cessé d'être rampant: il est un choix politique aux plus hauts niveaux de l'état.les camps de concentration allemands ne reverront jamais le jour mais de nouveaux types de camps existent et ce n'est pas une question de choix du nom à leur donner.
Il faut absolument que tous ceux qui ont une once de fierté et de dignité refusent de donner leur jeunesse et leurs force de travail à des peuples ingrats et prétentieux.
La zaouia d'ouazzane Garantit sur la réussite de tout projet qu'un immigré viendra réaliser à Ouazzane.
Cheikh, ceci est la raison de mon invitatin; je veux que tu viennes au Maroc pour voir qu'il est possible de travailler et vivre dans de meilleures conditions qu'en Europe ici au Maroc et à ouazzane une petite ville de moins de 100 000 habitants. Je veux que tu viennes pour pouvoir témoigner de ce que tu as vu et verra. Il faut que nos populations quittent l'europe et je suis prêt à donner de ma chair (pas seulement de mes moyens financiers) pour permettre à d'autres muulmans de voir que Wa3da Allah Haqq.
La zaouia d'ouazzane propose une campagne internationale de dés-émigration de l'europe, une Forme d'Allya pour les enfants de musulmans et leurs parents. Opération retour au Pays natal (Heimat)La zaouia se porte garante de l'honnetetté et de la fiabilité de partenaires agricoles artisanaux industriels ou ommerciaux qu'elle présentera. La garantie de la zaouia est toujours et aussi par définition une garantie finacière et fondamentalement ue garantie akhlaaqiya.
L'apprenti poète,
Désolé pour ce retard : je ne suis pas toujours près de la machine.
Je suis autant heureux d’apprendre de tes nouvelles et de connaître tes avis précieux sur les thèmes qui nous préoccupent.
Comme tu le dis, la transformation de la pratique cultuelle intentionnelle en gestes mécaniques (ou ta7awwoulou al 3ibadati ila 3adatin) n’est pas le propre des enfants expatriés. Toutefois, et c’est ce que j’ai voulu souligner, l’enfant délaissé, mais élevé dans un milieu musulman, a plus de chance de se retrouver un jour sur le droit chemin que son petit frère qui vit dans un autre environnement. Celui-ci nécessite beaucoup d’efforts, de temps, de pédagogie et de savoir que ne possède son père, éboueur, ouvrier d’usine, ingénieur, médecin… les uns handicapés par l’inculture, les autres comme ceux-ci, absorbés par le travail.
Certes, la Hidaya reste un facteur déterminant. Des jeunes expatriés sont devenus de fervents musulmans, tandis que des coreligionnaires qui n’avaient connu que nos campagnes, creusets du savoir et de la droiture, se sont égarés jusqu’à l’athéisme. Mais il s’agit là d’exceptions. L'environnement sain et le savoir orthodoxe (les deux moyens en notre pouvoir et que l’on exige de nous) produisent, à de très rares exceptions, le résultat escompté. Nous assumons notre responsabilité devant Dieu, en assurant ces deux conditions à nos descendants. Le troisième facteur, la Hidaya, étant Son Apanage, Il ne nous tient pas responsables des cas d’échec.
Hicham Ouazzani,
C’est un projet unique en son genre. Que d’autres bonnes volontés éclosent partout, du Sénégal à la Chine, à l’ombre de ton initiative.
c'est tout à fait sérieux Cheikh.
par exemple: nous avons une carrière de sel, tout projet de production de sel raffiné, de soude caustique d'eau de Javel, etc, c'est à dire les dérivés du sel est le bienvenu.
Nous fournissons la matière première, le logement,, etc. Nous garantissons la vente des produits pour peu que l'entrepreneur garantisse la qualité. Nos capacités de production sont encore trés en deça de la demande, il n'y a donc pas lieu de s'inquieter.
Ce que j'ai dit pour le sel vaut pour l'agriculture: j'ai à disposition une centain d'hectares dont une partie irriguée pour toute personne capable de proposer un projet intelligent dont il est capable de se charger lui même en pleine autonomie et indépendance.
Il faut que tu viennes mon ami, aprés on pourra en parler. Depuis aujourd'hui nous avons aussi une uside de fabrication de Graisse, de détergents, de savons, etc; Ce qui se passe c'est que beaucoup de personnes nous aménent en permanence des investissements clfs en main et nous demandent de les aider à les développer ou à les sauver.
comme ça marche les choses bougent trés vite. wa almdu lillah
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