Intégration, intégrateurs et intégrés. (Le drame d’une famille mauritanienne prise en otage par l’Espagne).
1-5
Y a-t-il plus dégradant que de vivre chez les autres, quand on est soumis à leurs lois et caprices ?
Etranger, on le reste éternellement à moins que l’on domine le pays d’immigration, comme c’est le cas des européens qui ont pris possession des Amériques, de l’Océanie… où les maîtres des lieux sont eux-mêmes devenus des étrangers chez eux.
Etranger, on est constamment sous les feux de la surveillance, de la critique, de l’accusation.
Etranger, on est un éternel suspect, le bouc émissaire toujours le plus indiqué.
Le moindre faux pas est perçu à travers des loupes qui lui donnent des dimensions démesurées et lui attribuent, sans appel, un caractère prémédité, là où le forfait d’un autochtone est jugé avec indulgence et délicatesse.
Etranger, on a le passé et le présent constamment soumis au crible. Les inquisiteurs zélés sont toujours à l’affût d’une simple rumeur, d’un semblant d’indice pour crier au scandale, incriminer et justifier un procès à l’issue connue d’avance et saluée par le juge et la société.
Etranger, on a le futur considéré comme un danger potentiel, un volcan susceptible de se réveiller à tout moment.
Etranger, on est un repris de justice, un condamné avec sursis.
Un étranger qui réussit n’est qu’un étranger. Le bien qu’il fait bénévolement pour un citoyen de souche ou le pays tout entier est un devoir accompli, qui ne mérite ni appréciation ni gratitude. Un mauvais étranger est d’ailleurs préférable, parce qu’il donne toujours par son statut une raison pour attiser la haine des autochtones et justifier le courroux de leurs bas instincts xénophobes.
Les millions d’étrangers pacifiques qui effectuent les tâches les plus infâmes pour le confort des gens du pays, ces millions dont d’autres franges excellent dans des domaines honorables, toujours pour le confort de ces mêmes gens sont traités au même titre que l’un d’eux que des circonstances particulières amènent à commettre un impair.
Y a-t-il encore plus dégradant que les conséquences de ce qu’on appelle sous d’autres cieux « l’intégration » ?
Etre intégré signifie renoncer à sa personne, à sa personnalité, à ses origines, à son pays, à sa culture, à sa civilisation, à son histoire. C’est faire table rase de tout ce qui peut faire la fierté de l’être humain. C’est abdiquer de sa dignité. Un intégré est un robot, un clone. Et c’est pour cela qu’on tient à intégrer tous ceux qui ont du, pour une raison ou une autre, vivre ailleurs. Un robot est sans conscience, un clone est inconscient de sa propre existence. Les deux ne sont utiles qu’à leur propriétaire. L’intégré est un objet, une propriété exclusive de son « intégrateur ».
Je peux vivre dans ton pays et parler ta langue, toi le scandinave chrétien, à la peau ultra blanche, sans que je renonce à mon origine africaine ou asiatique, à ma religion, à ma propre langue que je dois enseigner à mes enfants expatriés ; sans recourir à des produits nocifs qui dérangent dangereusement notre mélanine. Pourquoi exiger de moi ce que vous n’avez jamais pensé à faire dans mon pays quand vous vous y êtes installés sans me consulter. Vous n’avez eu que du mépris pour ma couleur. En Afrique du Nord, je suis pour vous « peau basanée » ou « café au lait », un peu plus au sud, comme au Nord, tout ce que je suis se résume pour vous à mes pigments, je ne suis rien d’autre qu’un « noir » comme peuvent l’être une pierre, un insecte ou un reptile. Vous êtes restés « chrétiens » ou athées, vous n’avez jamais pensé à vous identifier à ma personnalité, vous intégrer à ma communauté. Je ne parlerai pas ici de tout le mal que vous m’avez fait : ce n’est pas le lieu indiqué pour un tel bilan.
A suivre…
Etranger, on le reste éternellement à moins que l’on domine le pays d’immigration, comme c’est le cas des européens qui ont pris possession des Amériques, de l’Océanie… où les maîtres des lieux sont eux-mêmes devenus des étrangers chez eux.
Etranger, on est constamment sous les feux de la surveillance, de la critique, de l’accusation.
Etranger, on est un éternel suspect, le bouc émissaire toujours le plus indiqué.
Le moindre faux pas est perçu à travers des loupes qui lui donnent des dimensions démesurées et lui attribuent, sans appel, un caractère prémédité, là où le forfait d’un autochtone est jugé avec indulgence et délicatesse.
Etranger, on a le passé et le présent constamment soumis au crible. Les inquisiteurs zélés sont toujours à l’affût d’une simple rumeur, d’un semblant d’indice pour crier au scandale, incriminer et justifier un procès à l’issue connue d’avance et saluée par le juge et la société.
Etranger, on a le futur considéré comme un danger potentiel, un volcan susceptible de se réveiller à tout moment.
Etranger, on est un repris de justice, un condamné avec sursis.
Un étranger qui réussit n’est qu’un étranger. Le bien qu’il fait bénévolement pour un citoyen de souche ou le pays tout entier est un devoir accompli, qui ne mérite ni appréciation ni gratitude. Un mauvais étranger est d’ailleurs préférable, parce qu’il donne toujours par son statut une raison pour attiser la haine des autochtones et justifier le courroux de leurs bas instincts xénophobes.
Les millions d’étrangers pacifiques qui effectuent les tâches les plus infâmes pour le confort des gens du pays, ces millions dont d’autres franges excellent dans des domaines honorables, toujours pour le confort de ces mêmes gens sont traités au même titre que l’un d’eux que des circonstances particulières amènent à commettre un impair.
Y a-t-il encore plus dégradant que les conséquences de ce qu’on appelle sous d’autres cieux « l’intégration » ?
Etre intégré signifie renoncer à sa personne, à sa personnalité, à ses origines, à son pays, à sa culture, à sa civilisation, à son histoire. C’est faire table rase de tout ce qui peut faire la fierté de l’être humain. C’est abdiquer de sa dignité. Un intégré est un robot, un clone. Et c’est pour cela qu’on tient à intégrer tous ceux qui ont du, pour une raison ou une autre, vivre ailleurs. Un robot est sans conscience, un clone est inconscient de sa propre existence. Les deux ne sont utiles qu’à leur propriétaire. L’intégré est un objet, une propriété exclusive de son « intégrateur ».
Je peux vivre dans ton pays et parler ta langue, toi le scandinave chrétien, à la peau ultra blanche, sans que je renonce à mon origine africaine ou asiatique, à ma religion, à ma propre langue que je dois enseigner à mes enfants expatriés ; sans recourir à des produits nocifs qui dérangent dangereusement notre mélanine. Pourquoi exiger de moi ce que vous n’avez jamais pensé à faire dans mon pays quand vous vous y êtes installés sans me consulter. Vous n’avez eu que du mépris pour ma couleur. En Afrique du Nord, je suis pour vous « peau basanée » ou « café au lait », un peu plus au sud, comme au Nord, tout ce que je suis se résume pour vous à mes pigments, je ne suis rien d’autre qu’un « noir » comme peuvent l’être une pierre, un insecte ou un reptile. Vous êtes restés « chrétiens » ou athées, vous n’avez jamais pensé à vous identifier à ma personnalité, vous intégrer à ma communauté. Je ne parlerai pas ici de tout le mal que vous m’avez fait : ce n’est pas le lieu indiqué pour un tel bilan.
A suivre…

2 Comments:
Cher Mohamed Cheikh,
J`attend impatiemment le reste de l`histoire.
Merci.
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