samedi 29 mars 2008

Intégration, intégrateurs et intégrés. (Le drame d’une famille mauritanienne prise en otage par l’Espagne).

4-5

Et le petit-fils d’immigré intégré cessa, ce jour, de s’appeler Reeza pour répondre désormais au nom de Calvin. Ainsi, aboutit le processus d’intégration entamée avec la misère d’un immigré musulman et achevée par la conversion de son petit-fils à une autre confession.
Les Calvin/ex- Reeza, fruits de l’ignorance ou de l’insouciance de certains parents, du trafic des vies humaines, de la démission de nos gouvernements (l’affaire de l’Arche de Zoé est encore vivace), des guerres d’invasion livrées à nos peuples, sont très nombreux et leurs effectifs ne cessent de grossir. Le drame des petits Tchadiens volés par des français, promettant monts et merveilles à leurs parents et surtout de leur apprendre le Coran en France, ne diffère pas beaucoup de celui que vivent leur sœurette mauritanienne et sa mère. Seulement, les petits Tchadiens ont été rendus à leurs familles et ont eu droit au soutien sincère, et parfois hypocrite, du monde entier. Leur affaire a été bien médiatisée. Les voleurs ont été dénoncés et humiliés, même par les médias de leur propre pays qui les ont montrés entrain de placer des bandages sur les bras et la tête d’enfants sains, pour faire croire qu’il s’agissait de victimes de la guerre. C’est en cela que le drame des petits Tchadiens diffère du drame de la petite mauritanienne, otage « légale » d’une famille chrétienne d’Espagne à qui elle a été livrée par la police locale. Une famille (la fille : Selemha Mint Mohamed, le père : Mohamed Ould Abdallahi, la mère : Hawa Mint Cheikh), appâtée comme tant d’autres, par le mirage d’une vie hypothétiquement plus facile que chez elle, s’installe en Espagne. Elle est inconsciente de la croisade impitoyable qui fait rage contre l’Islam et les musulmans dans ce pays et partout en Occident dont elle ignore, de surcroît, les lois sauvages et draconiennes et discriminatoires, pourtant présentées chez nous, par des citoyens intégrés, comme « un modèle d’humanisme et de justice ». Les jours se déroulent dans un semblant de bonheur, jusqu’au moment où la famille donne, sans s’en rendre compte, aux destructeurs de l’Andalousie musulmane, l’occasion de lui faire mal, très mal. Elle n’a pourtant commis aucun délit. Quand Selemha eut quinze ans, elle était devenue majeure, en vertu des lois établies par toutes écoles de l’Islam, la religion de plus du tiers de l’humanité et dont les traités juridiques sont à la base du droit en Occident (qui en a fait un autre usage). Elle était psychiquement et physiologiquement en âge de se marier. Le mariage lui était d’autant plus nécessaire qu’elle vit dans un environnement bestial, immoral, où l’on n’a pas le moindre souci de l’honneur et qui se déshumanise au fil des jours. Le mariage lui permet, en particulier, de mener une vie affective saine et normale ; lui évite les rapports et les pratiques indignes de l’être humain, ainsi que leur corollaire, source d’une infamie indélébile: les naissances odieuses. Moctar Salem, un cousin, demande sa main. La famille accepte. Le mariage est conclu en bonne et due forme et … en Mauritanie, donc loin de toutes les juridictions sataniques d’Espagne. Mais, depuis quelques années, en Espagne et dans tout l’Occident, où tout est à l’envers (le bien est un mal, le mal un bien, la femelle devient mâle et celui-ci prend le dessous dans tous les sens), une femme de quinze ans mariée, c’est le comble de l’absurdité. C’est un crime! Cependant, quand elle entretient des rapports illégaux avec son camarade de classe ou qu’elle se prostitue, elle ne fait que « disposer légalement de son corps ». Quand elle est violée, puis froidement tuée par un sauvage soldat américain en Irak, ce n’est qu’une musulmane et aucune juridiction dans le monde ne lève le petit doit. Le jeune couple aurait pu continuer à vivre sans être inquiété (au moins pour cette union, on trouvera toujours une raison pour harceler les musulmans), n'eussent été la générosité légendaire et l’ouverture singulière et sans discrimination des mauritaniens aux étrangers. Avec, hélas, une bonne dose de naïveté. La grande famille s’était liée d’amitié avec sa voisine espagnole ... qui entraînera sa déchéance.

A suivre…

mercredi 26 mars 2008

Intégration, intégrateurs et intégrés. (Le drame d’une famille mauritanienne prise en otage par l’Espagne).

3-5

Le protestant, le petit-fils d’immigré musulman, est l’aboutissement d’un processus souvent irréversible. Le grand-père, probablement très peu initié à la culture islamique, comme tant d’autres, s’est installé dans l’un de ces pays institutionnellement laïcs et réellement attachés à une forme de religion dont on ne se souvient et manifeste avec une rare violence que quand il s’agit des adeptes de l’Islam. Il a quitté son pays en quête d’emploi ou d’un savoir exotique. Il l’a fait, peut-être, par esprit d’aventure ou enrôlé de gré ou de force comme supplétif dans une armée d’invasion (dite coloniale). Arrivé là, réduit à un statut d’inférieur en raison de l’analphabétisme et de la misère, il a du pratiquer le culte dans les strictes limites imposées par l’état et la société aux « mahométans ». Il n’avait pas ramené de savoir à communiquer à sa progéniture. De la langue des envahisseurs, il ne possède que le forofifon naspa. Les pesanteurs de la vie, les soucis du quotidien lui laissaient peu, un peu insignifiant, pour penser à s’accomplir. Satisfaire, tant bien que mal, les besoins essentiels était l’unique succès qui pût lui être permis. Des enfants naissent dans cet environnement qui n’incite guère à l’épanouissement de la personne. Ils voient le père accomplir des gestes qu’ils ne comprennent pas du tout. A des moments donnés du jour et de la nuit, il étale un petit morceau de tissu - dans la petite pièce qui leur sert de tout : chambre à coucher, salle à manger, magasin - sur lequel il se met debout, se prosterne, fait de la génuflexion, s’assoit et marmonne des phrases incompréhensibles. Il les invite parfois à les exécuter en même temps que lui. Et leur explique, avec le désespoir et l’amertume de celui qui ne peu façonner ses enfants à l’image de son ascendance, que c’est Namaz (la prière, en persan et dans les langues asiatiques dérivées). Ils s’exécutent sans conviction, mais par respect pour le père ; un respect mêlé de compassion et de doute. Ils s’interrogent et décrètent : « Pourquoi Papa fait ça ? C’est insensé ! Personne ne fait la même chose dans l’entourage ?! ». Eux-mêmes ne le feront plus à un certain âge, ayant été « intégrés » à un univers où la logique enseignée et vécue exclut tout lien entre le Ciel et la terre et décide que la parenthèse de l’existence se referme définitivement après la mort. Le Vieux mourut et naquit un petit-fils, le Protestant. Celui-ci, la vie durant, ne connaîtra de l’Islam que ce qu’il en a ramené à la naissance. Il ne connaîtra dans la pratique aucune forme de culte jusqu’à la trentaine. Mais le son de cloche de l’église voisine qui le réveille tous les dimanches, les fréquentes visites de missionnaires à son école, le Nouveau testament, rarement consulté par ses amis chrétiens, qu’il voyait toujours à la même place, dans un rayon de la bibliothèque scolaire, sans éveiller sa curiosité, le préparent à une destinée située aux antipodes de la spiritualité que le vieux (probablement tirailleur) ne lui avait pas léguée. C’est au cours des discussions sur les préliminaires du mariage avec une fille issue d’une famille adepte de Marin Luther, qu’il apprit avec indifférence que l’union souhaitée ne pouvait avoir lieu tant qu’il n’a pas adopté la religion de la bien-aimée, Anne. Aucun antécédent, aucune raison ne s’y opposant, Reeza (appelons-le ainsi, un laps de temps ; c’est la déformation du nom arabe Ridha), n’hésita pas un instant. Il donna son accord pour épouser Anne et sa religion exempte d’obligations et d’interdits, qui promet une agréable vie éternelle après la mort, sans pratiquement rien exiger en contrepartie dans la vie ici-bas. Une religion où des hommes comme vous se chargent d’absoudre tout le mal que vous faites dans cette vie et vous garantissent l’impunité dans l’au-delà. Le futur époux d’Anne n’eut plus, pour sceller les formalités du passage à la doctrine de la trinité (Echhedu ella ilaha illa LLAHOU we enne Mouhammadan rassoulou LLAHI) qu’à troquer son nom insolite contre un autre, témoignant de sa pleine intégration aux beaux parents et à leur pays. « Pourquoi ne pas me défaire de ce nom bizarre de Reeza que je traîne depuis des décennies comme un éléphantiasis et que je n’ai jamais compris ?», se demande Reeza (appelons - le encore ainsi, un laps de temps). Alors, la mère d’Anne suggère, pour désormais désigner son futur beau-fils, le nom de Luther ou de Jackson. Le bientôt - beau - père, « plus instruit » et « à cheval sur les principes », oppose au choix de sa femme – aussi pour faire preuve d’une certaine connaissance de l’histoire – « autre chose, dit-il, que ces noms portés par des noirs, semblables à nos aborigènes ». « Tu sais, chérie, le fondateur de notre protestantisme s’appelait Marin Luther ; mais ce nom fut porté par un pasteur noir américain, assassiné en 1929 ; ça pourrait aussi porter malheur ; Jackson est le nom d’un autre pasteur noir américain, celui-là qui a eu le toupet de vouloir être président des Etats-Unis, est encore en vie, je ne l’aime pas non plus. Horreur et putréfaction! Ces noirs, à peine descendus des cimes des arbres, revendiquent avec nous la paternité de Jésus et veulent même nous commander !» Fier de son exposé magistral, il conclut : « Va pour Calvin, c’est le nom du continuateur de l’œuvre luthérienne. Je ne connais pas de non-blanc qui le porte ».

A suivre…


lundi 24 mars 2008

Intégration, intégrateurs et intégrés. (Le drame d’une famille mauritanienne prise en otage par l’Espagne).

2-5

Un musulman qui vit dans un pays non musulman, signe l’arrêt de mort de son âme et exécute, de ses propres mains, la sentence. En vivant dans un pays non musulman, le musulman accepte d’évincer instantanément, ou de façon progressive, l’Islam de son univers moral et matériel ; se soumet à la loi jahilyenne qu’il doit inconditionnellement subir et pratiquer; s’engage à piétiner le droit/devoir suprême qui consiste à « ordonner le bien et combattre le mal». Il peut continuer à faire les cinq prières du jour, observer le jeûne du Ramadan, accomplir le pèlerinage aux lieux saints… mais le cycle enclenché de la mort spirituelle et morale poursuit implacablement sa chevauchée mortifère. Il est la semence de la dégénérescence et de l’extinction inéluctable de sa postérité. En effet, la première descendance héritera, dans le meilleur des cas, très peu du peu de moralité et de spiritualité rapporté par l’ascendance. Cette génération, un pied dans la culture de son pays d’origine, un autre dans celle du pays d’intégration, ne tient pas en estime son géniteur qu’elle trouve - ne ressemblant pas à tous égards aux citoyens de souche - diminué, inachevé, pitoyable même et, surtout, l’exemple du modèle à ne pas suivre. La génération suivante y verra un spécimen d’une espèce rare et à jamais révolu. Cette génération là - une troisième ou une quatrième - sera tout autre chose, le fruit de « l’intégration réussie ». Ce n’est pas un sentiment de pitié, contrairement à la génération précédente, mais de honte, qu’elle éprouve à l’égard de l’ancêtre immigré.
Récemment, dans une émission télévisée à grand spectacle un « européen » de parents directs arabes – lui pressé, moulu, pétri, cuit au pressoir, à la meule, et au four de l’intégration – tournait en dérision la langue des siens, venus du pays en visite, qu’il imitait avec délice et à grand renfort de gestes simiesques qui feraient même honte aux ancêtres de Darwin.
Un prédicateur m’a raconté une histoire véridique, de nature à faire réfléchir tout candidat à l’émigration vers des destinations périlleuses pour la santé spirituelle et morale. L’homme de DIEU, de passage dans un pays lointain, partit un dimanche avec un collègue pour faire la connaissance d’une personne dont le nom, puisé à l’annuaire téléphonique, avait une consonance musulmane. La rencontre se fit à travers les grilles du jardin familial – le lecteur musulman saisit l’allusion à cette grave entorse à l’hospitalité. Le visiteur vêtu comme dans son pays, informe « l’hôte », en tenue occidentale, de l’objet de sa visite : faire la connaissance de ses coreligionnaires expatriés. Pour lever toute équivoque et couper court à toute velléité de cordialité, « l’hôte » déclara illico qu’il était chrétien protestant. Et, puisant dans ses souvenirs d’enfance lointaine, entre les premiers cadeaux de noël dont il put avoir conscience, la couleur maintenant incertaine d’un jouet aux contours oubliés, le début d’un printemps qui fait oublier un hiver rigoureux… il tint à préciser vaguement et pour mettre fin à la rencontre : « mon grand père s’habillait comme vous ». !!!
Sarko devrait apprécier, savourer, saliver et éprouver une jalousie jamais connue par delà les eaux de la Méditerranée. « Ce protestant est un modèle éminemment réussi du projet d’intégration qui m’a permis de m’installer à l’Elysée », devrait cogiter ce fils d’immigré, pourtant, resté fidèle à ses origines juives et récalcitrant à toute assimilation de sa personne par les Goym.

A suivre…

samedi 22 mars 2008

Intégration, intégrateurs et intégrés. (Le drame d’une famille mauritanienne prise en otage par l’Espagne).

1-5

Y a-t-il plus dégradant que de vivre chez les autres, quand on est soumis à leurs lois et caprices ?
Etranger, on le reste éternellement à moins que l’on domine le pays d’immigration, comme c’est le cas des européens qui ont pris possession des Amériques, de l’Océanie… où les maîtres des lieux sont eux-mêmes devenus des étrangers chez eux.
Etranger, on est constamment sous les feux de la surveillance, de la critique, de l’accusation.
Etranger, on est un éternel suspect, le bouc émissaire toujours le plus indiqué.
Le moindre faux pas est perçu à travers des loupes qui lui donnent des dimensions démesurées et lui attribuent, sans appel, un caractère prémédité, là où le forfait d’un autochtone est jugé avec indulgence et délicatesse.
Etranger, on a le passé et le présent constamment soumis au crible. Les inquisiteurs zélés sont toujours à l’affût d’une simple rumeur, d’un semblant d’indice pour crier au scandale, incriminer et justifier un procès à l’issue connue d’avance et saluée par le juge et la société.
Etranger, on a le futur considéré comme un danger potentiel, un volcan susceptible de se réveiller à tout moment.
Etranger, on est un repris de justice, un condamné avec sursis.
Un étranger qui réussit n’est qu’un étranger. Le bien qu’il fait bénévolement pour un citoyen de souche ou le pays tout entier est un devoir accompli, qui ne mérite ni appréciation ni gratitude. Un mauvais étranger est d’ailleurs préférable, parce qu’il donne toujours par son statut une raison pour attiser la haine des autochtones et justifier le courroux de leurs bas instincts xénophobes.
Les millions d’étrangers pacifiques qui effectuent les tâches les plus infâmes pour le confort des gens du pays, ces millions dont d’autres franges excellent dans des domaines honorables, toujours pour le confort de ces mêmes gens sont traités au même titre que l’un d’eux que des circonstances particulières amènent à commettre un impair.
Y a-t-il encore plus dégradant que les conséquences de ce qu’on appelle sous d’autres cieux « l’intégration » ?
Etre intégré signifie renoncer à sa personne, à sa personnalité, à ses origines, à son pays, à sa culture, à sa civilisation, à son histoire. C’est faire table rase de tout ce qui peut faire la fierté de l’être humain. C’est abdiquer de sa dignité. Un intégré est un robot, un clone. Et c’est pour cela qu’on tient à intégrer tous ceux qui ont du, pour une raison ou une autre, vivre ailleurs. Un robot est sans conscience, un clone est inconscient de sa propre existence. Les deux ne sont utiles qu’à leur propriétaire. L’intégré est un objet, une propriété exclusive de son « intégrateur ».
Je peux vivre dans ton pays et parler ta langue, toi le scandinave chrétien, à la peau ultra blanche, sans que je renonce à mon origine africaine ou asiatique, à ma religion, à ma propre langue que je dois enseigner à mes enfants expatriés ; sans recourir à des produits nocifs qui dérangent dangereusement notre mélanine. Pourquoi exiger de moi ce que vous n’avez jamais pensé à faire dans mon pays quand vous vous y êtes installés sans me consulter. Vous n’avez eu que du mépris pour ma couleur. En Afrique du Nord, je suis pour vous « peau basanée » ou « café au lait », un peu plus au sud, comme au Nord, tout ce que je suis se résume pour vous à mes pigments, je ne suis rien d’autre qu’un « noir » comme peuvent l’être une pierre, un insecte ou un reptile. Vous êtes restés « chrétiens » ou athées, vous n’avez jamais pensé à vous identifier à ma personnalité, vous intégrer à ma communauté. Je ne parlerai pas ici de tout le mal que vous m’avez fait : ce n’est pas le lieu indiqué pour un tel bilan.

A suivre…