Symbole et symbolisation
Maatala a dit…
Mon frère Mohamed Cheikh
J'étais l'autre soir avec des amis et le débat a tourné autour de la pendaison de Saddam.
Je souhaitais avoir ton opinion sur le sujet suivant:
Est ce qu'un criminel de la trempe de Saddam qui a massacré autant d'innocents (Halabja : massacre de femmes, enfants et vieillards Kurdes) sans remords et repentance, allant jusqu'à justifier leur extermination ainsi que celle de ses gendres par le faite que celle-ci était amplement méritée et assumée par lui, alors que notre sainte religion ne l’autoriser point. Peut-on le considérer cette personne comme étant un musulman?
Ne serait-il pas commode de bafouer allégrement les principes de sa religion et profiter de son dernier soupir pour faire une "CHEHADA" pour être absout de ses crimes mainte fois réitérés.
Je ne fais que rapporter les termes du débat, je ne cherche aucune polémique, mais du savoir chez une personne ressource.
Fraternellement
maatala
Cher Maatalla,
Je contribuerai, ici, au débat sans prétendre avoir la qualité de celui qui répond aux grandes questions, en particulier, à la tienne qui, d’ailleurs en soulève d’autres. Car, cela relève du domaine des grands. Or, je suis si modeste et conscient de ma réalité que je ne m’autorise pas l’aventure au-delà des limites de mon « territoire ». Limites dont les dimensions sont aussi dérisoires que celles de Monaco, comparé au reste des terres émergées ; du Vatican dans l’univers ambiant de la laïcité ; de nos dirigeants jugés, selon les critères rigoureux qu’imposent l’Islam à l’éligibilité de ceux qui peuvent avoir le malheur de conduire les affaires de ce monde ; de nos intellectuels des cinq dernières décennies, alignés aux côtés de nos érudits d’époques non lointaines.
C’est de bon augure que tu assures ne vouloir aucune polémique. Car, seule la volonté sincère de trouver et de faire valoir la vérité doit guider nos réflexions et nos débats. Toute autre intention ne peut que conduire à des conséquences fâcheuses, dont les plus marquantes sont le fanatisme aveugle, la glorification de l’erreur, la guerre déclarée à la vérité, la détérioration des rapports humains.
Personnellement, je ne suis pas porté sur la polémique. Je désire ardemment que les débats ne s’écartent jamais du sentier lumineux de la morale, de l’argumentation pure, de la quête sincère de la vérité. Si, parfois, je m’autorise à hausser quelque peu le ton, c’est qu’un interlocuteur ou un autre intervenant s’est permis d’aller au-delà des frontières de ce qui est permis, en violant l’éthique qui doit présider aux échanges idéologiques, en s’attaquant à des principes sacrés, en déformant la réalité pour induire les autres en erreur, en prenant le parti des ennemis de Notre Nation, de Notre Culture, de Notre Civilisation, de Notre Religion.
L’affaire Saddam, je l’ai évoquée le jour de sa pendaison sur le Blog de X Ould Y. Mon propos a été mal interprétés par certains parmi ceux qui vont jusqu’à déifier l’ex-Président de l’Irak et ceux qui n’admettent pour celui-ci qu’un séjour éternel en Enfer. Dieu merci, je n’appartiens à aucune de ces deux espèces.
Musulman, je ne saurais cautionner l’injustice, la tyrannie, une idéologie contraire à l’Islam, en l’occurrence le Baathisme, un échafaudage athéiste, abjecte, ni spirituel, ni scientifique, confectionné par un obscure soi-disant chrétien syrien, Michel Aflak, que les mauritaniens n’ont pas trouvé à leur goût et ne lui ont concédé que quelques partisans qui ne se recrutent pas dans l’univers de l’érudition et de l’observance des grandes valeurs.
Musulman, je souhaite pour chaque humain, appartenant ou non à notre confession, une repentance sincère et salvatrice. Je me mets à la place de chaque être humain à travers lequel je me représente ma propre personne ou un proche : mère, père, frère, sœur, progéniture, ami… Je n’admets pour aucun autre ce que je n’admets pas pour une de ces chères personnes.
Musulman, je ne juge qu’à travers les prescriptions de l’Islam.
Musulman, je dois reconnaître à chacun ses mérites. Nous connaissons tous Al Hajjaj Ibn Youssouf, un tyran, un sanguinaire hors pair. Jamais un historien musulman n’a voulu occulter ses mérites, toujours relatés à côté de ses innombrables forfaits, avec l’honnêteté qui caractérise les auteurs, adeptes de l’Islam.
Ce jour là, j’ai évoqué la pendaison de Saddam pour un double objectif :
1- Inviter les gouvernants et les gouvernés, en particulier les gouvernants mauritaniens fraîchement débarqués, fragiles, en mal de légitimité et profondément noyés dans l’océan des crimes de leur prédécesseur, à tirer une leçon de l’histoire (موعظة).
| وتظل الأيام تعرض لونيها على الناس بكرة وأصــيلا فذليل بالأمس صـارعزيزا وعزيز بالأمس صارذليلا |
Saddam Hussein, maître de l’un des plus grands pays pétroliers de la planète, avec l’une des plus puissantes armées du monde, en nombre et en équipements, des services de renseignement dont l’efficacité et la terreur avaient suscité la jalousie du KGB et de la CIA, une population scientifique dont aucun pays voisin ne possède le centième. Saddam Hussein qui faisait trembler son peuple et les pouvoirs des alentours, causait l’insomnie permanente des grandes puissances. Saddam Hussein qui croyait peut-être ne jamais finir, a fini en ce jour de fête qu’il aurait pu passer, comme il en avait l’habitude depuis de longues décennies, dans la gloire, la toute puissance et un règne sans partage, si le Destin n’en avait pas décidé autrement. Saddam a fini, traîné par deux viles, rustres et insignifiants bourreaux qui, trois années plus tôt, tremblaient même à la vue de son portrait au coin d’une ruelle mal éclairée. Il a fini les mains attachées derrières le dos, les pieds joints par des chaînes, la pas, jadis preste, alourdi par le poids du métal. Un spectacle qui tranche avec la toute puissance d’un homme, des mois plus tôt, médiatisé, courtisé, sollicité, craint, aimé et détesté. Il a fini, sans même avoir bénéficié du droit internationalement reconnu d’être pendu dans des conditions dignes et humaines. Ses tueurs américano chiites ont voulu aller très loin dans la barbarie, l’humiliation et le mépris de l’être humain. Ses tueurs ont transgressé les enseignements de l’Islam concernant l’exécution des criminels, même ennemis, et la mise à mort du bétail.
Le Prophète, que la Prière et le Salut d’ALLAH soient sur lui, n’a-t-il pas dit :
| " إنَّ اللّهَ كَتَبَ الإِحْسَانَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ. فَإذَا قَتَلْتُمْ فَأَحْسِنُوا الْقِتْلَةَ. وَإِذَا ذَبَحْتُمْ فَأَحْسِنُوا الذَّبْحَ. وَلْيُحِدَّ أَحَدُكُمْ شَفْرَتَهُ. فَلْيُرِحْ ذَبِيحَتَهُ ". رواه مسلم. قال النووي في شرح الحديث: " وليرح ذبيحته بإحداد السكين وتعجيل إمرارها وغير ذلك، ويستحب أن لا يحد السكين بحضرة الذبيحة، وأن لا يذبح واحدة بحضرة أخرى، ولا يجرها إلى مذبحها، وقوله صلى الله عليه وسلم: (فأحسنوا القتلة) عام في كل قتيل من الذبائح والقتل قصاصاً وفي حد ونحو ذلك، وهذا الحديث من الأحاديث الجامعة لقواعد الإسلام والله أعلم ". |
Le Hadith ordonne d’accomplir toute action convenablement. D’exécuter ceux qui ont mérité la mort sans agressivité ni brutalité. De tuer l’animal de manière à lui éviter toute souffrance, en aiguisant préalablement la lame, en s’abstenant de le traîner avec violence. De ne pas tuer un animal en présence d’un autre.
Les « champions des droits de l’homme » et leurs valets-suppôts chiites ont privé Saddam même du droit de l’animal, prescrit par l’ISLAM, l’ISLAM dont se réclament ces derniers.
| ونشيد السلام يتلوه سفاحون سَــنُّوا الخراب والتقتيلا وحقوق الإنسان لوحة رسام أجاد التزوير والتضـليلا |
2 - Jeter la lumière sur la signification réelle de l’exécution et de l’humiliation de Saddam Hussein.
Il est normal que tout musulman, si haut placé soit-il, soit jugé pour ses crimes. Il est tout aussi normal qu’il subisse les conséquences de ses actes. Mais qu’il le soit pour ses actes et non pour servir des desseins funestes et étrangers à la cause de son incrimination. Qu’il le soit par une juridiction musulmane, compétente et à l’abri de toute ingérence, quelle qu’en puisse être l’origine. Que la sentence soit exécutée sous la supervision d’une autorité musulmane compétente et neutre.
Tous ces principes-lois ont été violés de manière flagrante. Saddam a été « jugé » et exécuté par procuration. Oui, il l’a été par procuration. Les chiites chargés des basses œuvres n’étaient que des figurants, des personnes de service et de sévices. Leurs démêlés avec Saddam ont été utilisés par l’ennemi des deux camps pour réaliser ses desseins.
Le contexte de la mise en scène, depuis l’incarcération de Saddam jusqu’à son assassinat, donne toute sa signification à l’événement. Un pays musulman, l’Iraq, est envahi par une force ennemie, celle des USA et de ses alliés. Ce pays est divisé, pillé, vandalisé, exterminé, incendié dans le cadre d’un vaste plan qui dépasse ses frontières minuscules. La guerre déclarée à l’Islam par la coalition judéo chrétienne fait rage et se déroule suivant les plans établis de longue date. Cette guerre comporte son volet le plus redoutable, celui de l’anéantissement psychologique du musulman et du monde musulman tout entier. Tuer, violer, torturer, piller, profaner, blasphémer. Ne tenir compte d’aucun principe, d’aucune loi, d’aucune morale. Ne faire preuve d’aucune pitié. Continuer l’œuvre de démolition sans répit. Il faut annihiler le musulman en détruisant tout ce qui justifie sa fierté. Il faut que le musulman, partout dans le monde, devienne un être inférieur, moins qu’un être humain. Tels sont, entre autres, les consignes, les ordres, les nouveaux Testaments livrés aux fauves de la coalition du mal qui sévit en Irak et dans d’autres parties du monde de l’Islam. C’est dans le cadre de ce plan que Saddam Hussein a été torturé, humilié et massacré. C’est dans le cadre de ce plan que le jour de la plus grande fête de tous les musulmans, dont plus de deux millions effectuaient l’un des cinq piliers de l’Islam, a été choisi pour jouer cyniquement avec l’honneur, la dignité et la vie du dirigeant d’un pays musulman, afin d’humilier tous les musulmans.
Nous ne pleurons pas saddam. Loin de là. Ceux d’entre nous qui réprouvent cette lâcheté, ont toujours condamné et condamnent encore les crimes de l’ex-président irakien.
C’est la symbolisation de l’acte et non le symbole (Saddam) qui justifie le courroux des musulmans partout dans le monde. Aucun dirigeant musulman n’est à regretter. Ils doivent tous subir les conséquences de leurs actes, je dis bien de leurs actes, et non servir de prétexte à des visées sordides. Ils doivent les subir conformément aux lois de l’Islam et par la main de leurs coreligionnaires, non inféodés aux ennemis de l’Islam et des musulmans.
S’agissant de la destination finale de Saddam Hussein et des nombreux crimes qu’il a commis, point d’orgue, de ton posting, l’avis des créatures ne s’applique pas ; c’est un domaine où la marge de manœuvre qui nous est permise est tout simplement nulle. A la limite de ce territoire réservé, nous nous prosternons, répétant : Soubحaneke Rabbena lakal amrou koullouhou samiعna wa aطaعna.
ALLAHOU SOUBHANEHOU châtie qui IL Veut et accorde Sa Clémence à qui IL Veut.
| لا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلُونَ } |
On n’interroge pas ALLAH sur ce qu’IL Fait. C’est à nous de Lui rendre compte de nos actes.
Toute créature, si pieuse soit-elle, doit vivre dans la crainte d’être châtiée. Toute créature, quels que soit la gravité et le nombre de ses crimes, doit espérer bénéficier de la Clémence divine, à moins qu’elle ne soit marquée au fer de la mécréance, al-kouvr.
La crainte d’ALLAH et l’espoir de gagner Sa Miséricorde sont deux obligations religieuses, parmi les obligations fondamentales. Les textes du Coran, de la Sunna et des érudits, relatifs à cette question sont innombrables ; ma contribution est déjà trop longue pour que je puisse en citer ici.
Dans le monde, ici bas, le musulman ne doit préjuger de la destinée de personne. Il ne sait rien à propos de personne, à l’exception de ceux au sujet desquels nous avons été informés par le Coran ou la Sunna. Par ces deux voies, sûres et infaillibles, nous savons, sans le moindre doute, que tous les prophètes, Assiya (épouse de Pharaon), Abou Bakr , Omar, Othmane et d’autres vont au Paradis. Par les mêmes sources, nous savons également que Pharaon, Abou Lahab, Hammalatou Lhatab et d’autres vont en Enfer.
Quant à ceux dont le sort n’est pas spécifié par les textes sacrés, nous ne pouvons rien assurer à leur sujet. Nous pouvons uniquement croire et affirmer que les actions de tel sont de nature à l’envoyer au Paradis ou en Enfer. C’est la volonté divine et les derniers instants de la vie qui sont déterminants.
Une personne peut, toute sa vie, n’accomplir que des bonnes actions et déraper au crépuscule de son existence. Une autre peut ne jamais faire que des mauvaises actions et se repentir à temps, quelques instants avant son extinction. L’exemple du premier est l’objet du Verset 175 et suivants de la Soura 7 (Al Aعrav).
L’exemple du second est ce jeune homme d’Abyssinie qui rejoignit les musulmans à la bataille de Kheybar et mourut dès les premiers accrochages. Le Prophète (que la Prière et le Salut d’ALLAH soient sur lui) dit à son sujet : voilà un homme qui va au Paradis sans jamais fait une seule prière.
Personne n’ose dire que le criminel Bush, responsable de la mort de plus d’un millions d’innocents, va finir en Enfer, parce que personne ne peut savoir ce qui se serait passé, en lui, au dernier moment de sa vie. Nous pouvons cependant soutenir que s’il mourait avant de s’être repenti, sa destination finale est l’éternité, quelque part, dans les espaces ardents de la Géhenne.
Les derniers instants de la vie, je le répète, sont déterminants. C’est peut-être pourquoi les membres du peloton d’exécution de Saddam, composé de « hauts dignitaires » du simulacre de pouvoir chiite, criaient, en l’achevant, tels des singes mâles en rut et des guenons en chaleur, pour perturber son âme et l’empêcher de se concentrer en ce moment décisif. C’est aussi pourquoi, on recommande qu’en exhalant ses derniers soupirs, la personne ne doit avoir en sa compagnie que des pieux qui l’aident, avec d’infinies précautions, à effectuer un passage heureux dans l’au-delà, sans réveiller en elle des démons dangereux.
Te souviens-tu de cette prière que maman répétait constamment : « ALLAHOUMMA Ahcin Hadhrati » ?
Fraternellement.
Mohamed Cheikh
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